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mardi 4 juillet 2017

LE RETOUR DE LA PAROLE


    Pour la première fois depuis plusieurs semaines je me suis interrompu dans mon travail qui me poursuit jour et nuit comme une meute de loups. Je voulais écouter Emmanuel Macron. Ses victoires sont impressionnantes; mais où nous mène -t-il? Est-il un Bonaparte  dans une république épuisée et réduite  au silence? Ou, comme disent les commentateurs les plus stupides, un rhéteur au service des grandes banques ou encore le produit d'une crise politique plutôt qu'un moyen d'en sortir?MON CRITÈRE DE JUGEMENT EST SIMPLE: UNE POLITIQUE DOIT ÊTRE AU SERVICE D'AUTRE CHOSE QU'ELLE MEME, EN PREMIER LIEU  DES DROITS HUMAINS FONDAMENTAUX, LA LIBERTÉ ET L'ÉGALITÉ; EN SECOND LIEU DE LA RÉINTÉGRATION PRIORITAIRE DES EXCLUS.
Qu'ai je entendu?En effet un retour de la parole la plus haute, celle qui se met au service de la démocratie en même qu'à la recherche d'un bon gouvernement; Quand avais-je entendu cette parole pour la dernière fois dans la bouche d'un Président? Je suis obligé de répondre:Quand de Gaulle ou Mendes France parlaient. J'ajoute même, pour limiter une telle référence, que De Gaulle était avant tout un homme d'Etat démocrate qui avait traversé la guerre, tandis que Macron parle en intellectuel, ce qui me convainc plus facilement, mais qui déplaît à beaucoup.Mais comment nier qu'il a parlé de ce qui devrait nous toucher tous le plus profondément, non seulement de nos convictions, mais aussi de ce qui fait notre fierté, alors qu'en général  la politique nous parle le plus souvent de ce qui nous fait honte, de l'injustice, de la violence ou de la corruption.
  Il a parlé, comme il convenait, de la nécessité de ne pas se laisser dominer par l'argent et par l'esprit partisan. Ce qui a manqué à sa parole c'est l'émotion, quand il pense aux exclus, aux réfugiés r ejetés, ,aux victimes de la violence. Mais qui, aujourd'hui parle pour ceux à qui on a tout pris? Aucun parti politique, aucune parole médiatique ne parle sincèrement de tous ceux et celles, innombrables, qui n'ont plus d'espoir et sont oubliés.C'est à toute la nation de retrouver le sens de la fraternité. Encore faut-il que les dirigeants politiques aient le sens des limites de leur action Or



j'ai remarqué que Macron a rappelé aux élus et à lui-m^me qu'ils étaient les serviteurs du peuple. Le fauteuil présidentiel n'est plus vide, mais la voix ou plutôt les voix du peuple ne se font pas entendre et ce ne sont ni Marine Le Pen ni Jean-Luc Mélenchon qui sont capables de les transmettre à ceux qu'on appelle les décideurs. Ce n'est qu'un début mais l'histoire reprend sa marche après une pause d'un trop long demi-siècle


                                                                 Alain Touraine 4 Juillet 2017.  (salut amical aux démocrates américains en cet anniversaire de leur Indépendance)



7 commentaires:

  1. Analyse intéressante sur un discours qui se situe à des années lumières de propos du genre "casse toi pov'con" d'un prédécesseur. Mais un écart entre déclarations et faits apparaît par endroit dans le parcours du président Macron. Exemple : Un secrétariat à l'égalité homme- femme existe . La secrétaire d'Etat n'est pas là par hasard, elle exprime un choix politique. Elle déclare: "Nos politiques publiques d'égalité femmes-hommes doivent être adaptées à la spécificité de chaque territoire". L'universalité du principe égalitaire entre sexes remis ainsi en cause au profit d'un 'principe élastique'. Impression favorable à l'audition du discours, mais esprit critique toujours nécessaire lors de la mise en œuvre.

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  2. Et voici Monsieur Touraine à rejoindre les rangs des laudateurs du golden boy jupiterien, séduit par la parole et lui faisant bonne grâce de ses actes, qui en sont l'exact inverse. Monsieur Touraine, outre une grande naïveté, vous devez avoir fait montre, durant toute cette campagne, d'une bizarre léthargie, pour ne "pas avoir entendu ce genre de discours depuis de Gaulle". (sic et resic). Si vous le désirez, vous trouverez sur internet tous les discours des réunions de Jean Luc Mélenchon, pour rafraîchir votre mémoire, ainsi et surtout que le programme de l'avenir en commun, qui, lui, présente la politique à mener pour une France plus démocratique, plus écologique, plus juste, plus équitable, et plus préoccupée de ses citoyens les plus démunis. Et la, ce ne sont pas que paroles, devant l'ensemble de la représentation nationale mise au pas et réduite au silence. Je vous en souhaite une bonne lecture, qui vous évitera ainsi de rejoindre les rangs des ravis de la crèche jupitérienne.

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    1. Propos sidérant sur Mélanchon quand on connaît sa filière de pensée de l'OCI Trotsyste au côté du pathologique paranoïaque Lambert. Sa fascination dangereuse pour les Chavez, Maduro, Castro et Robespierre n'étonne personne. Soyons protégé à vie de ce risque terrible qu'il représente.

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    2. Il faut de la diversité en politique, c'est même la base de la démocratie, mais penser que les propos démagogiques (lui n'est pas un privilégié du système qu'il dénonce ?)aideront l'économie à aller dans le sens d'une redistribution plus juste est naïf. Ce n'est pas prendre aux riches pour donner aux pauvres qui les aidera. L'idée me paraît plus que simpliste. Donnons sa chance au nouveau gouvernement et soyons, chacun dans notre "coin", des citoyens solidaires avec les plus fragiles.

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  3. Merci M. TOURAINE pour ces propos, tellement justes et vrais. Vous avez parfaitement bien analysé l'excellent discours d'Emmanuel MACRON notre président. Mais le plus dur c'est de convaincre les Français de changer d'attitude, un long et dur chemin attend notre président pour atteindre ces objectifs. Bravo Monsieur Touraine pour cette excellente analyse, et Félicitations à notre président pour son excellent discours.

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  4. Bonjour,
    Je considère quand à moi ce président comme dangereux. De l'étoffe de Napoléon le petit, comme deéfinissait Victor Hugo Napoléon III. Il n'a aucune considération pour l'entité définie comme "le peuple" par certains. Et "le peuple" ne s'y est pas trompé, désertant les urnes en masse, tant l'offre politique qui lui était faite apparaissait pauvre, dévoyée, hypocrite et mensongère. Son blitzkrieg électoral et sa jeunesse font que le complexe de suppériorité consubstanciel à sa qualité d'énarque ne connaitra plus de limites. Ses consignes de "claque" données aux députées En Marche par Ferrand et Castaner me font penser aux majorités parlementaires godillots d'autres temps. Il tue la démocratie et les institutions en utilisant un néo modernisme comme poignard. Ses promesses,de,campagne, en dehors de,celles qui vont plonger notre "cher et vieux pays" dans la régression sociale, sont déja jetées dans les poubelles de campagne. L'éternelle variable d'ajustement, la chasse aux fonctionnaires absentéistes qui ne foutent rien, est à nouveau ouverte. Les vieilles recettes,du Thatchéro-Reaganisme sont à l'oeuvre. Onsait ce qu'elles produisent, l'appauvrissement des masses au profit de quelques uns, des sociétés anxiogènes, et de l'exclusion.
    Ce qui me rassure, c'est qu'apparement le mouvement social, dans toute son expression, associative et syndicale, se met en ordre de bataille. Et nous verrons bien si cet histrion au petit pied termine son mandat.

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    1. Castaner que vous vilipender et oui, Castaner a eu le courage de faire barrage à Le Pen, la nièce en ne se maintenant pas au 2ème tour des régionales en PACA. Des godillots comme lui, j'espère que vous en rencontrerez beaucoup !

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