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samedi 13 juillet 2013

Mes anges gardiens


J'ai toujours senti près de moi la présence  de quelques hommes, un peu plus âgés  que  moi,  
encore vivants ou morts depuis longtemps mais séparés de moi par une frontière infranchissable: ils ont fait la guerre,Jean,  dans les chars de Leclerc en Allemagne oû il a été tué par une mine; Jacques Lusseyran, tué longtemps après, dans un accident obscur, après  avoir  survécu à la déportation, lui le khâgneux le plus brillant, aveugle, dont la machine Braille a accompagné tant de  mes heures à Louis le Grand, lui qui était toujours accompagné par son ami Besnier, déporté avec lui mais qui n'est pas revenu; Jean Pierre Vernant qui fut le commandant militaire de la libération de Toulouse avant de revivifier les études sur la Grèce ancienne en faisant couler sur elles l'eau vive de la philosophie et des sciences sociales; Pierre Vidal-Naquet qui engagea sa vie pour découvrir les assassins d'Audin à Alger; et, plus près encore de moi , ceux qui recréèrent au lendemain de la guerre , autour de Georges Friedmann,réfugié et résistant à Toulouse,la sociologie engloutie dans la catastrophe, P H Chombart de Lauwe, qui avait découvert l'interêt de la photographie aérienne dans les Spitfire de la RAF d'oû il attaquait les objectifs militaires allemands pendant la Bataille d'Angleterre, etPaul Hassan Maucorps, rare élève de l'Ecole Navale à avoir rejoint la France Libre et, plus près encore de moi Edgard Morin, dont je n'ai su enfin le courage et les risques courus qu'en les entendant énumérer par celui qui lui remettait la cravate de Commandeur de la Légion d'Honneur à titre  militaire.
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 Je n'évoque pas ces aînés pour regretter de n'avoir eu que quatorze ans  au moment de la  capitulation. Je ne parle pas davantage du passé. Je parle du présent et de nous tous Il n'est acceptable pour personne de vivre sans être obsédé par les crimes commis contre les plus faibles, par tous les racismes et par les idéologies d'Etat Le devoir de lutter contre la servitude est encore plus grand  pour ceux et :celles qui n'ont pas engagé leur vie dans le combat pour la libération, quelle que soit celle-ci














vendredi 12 juillet 2013

Premiers pas dans le vide

Entre les petites minorités actives qui se forment surtout dans les secteurs les plus en en crise et l'action politique qui peut réussir des transformations durables j'admets que la distance est immense et qu'il faut trouver et accepter des choix fondamentaux communs avant de choisir des alliés, c'est à dire des acteurs volontaires. Pour  moi il y en a deux, que je crois fortement liés ensemble: la croissance et la construction européenne. En termes simples, il n'y a pas d'alliance possible avec le Front National ou avec Mélenchon, l'un et l'autre anti-européens.Je n'ai aucune raison de renoncer à ma conviction intime que la construction européenne est notre meilleure, peut-être notre seule,  défense contre la domination du capitalisme financier globalisé. A condition, bien sûr, que cette construction soit effective, en appuyant l'euro sur des politiques fiscales et budgétaires compatibles, comme cela a été clairement dit par Draghi en 2012
 En matière de politique sociale notre situation est si mauvaise que nous devons nos contenter  d'accepter le principe minimal de Rawls; à savoir qu'aucune mesure prise n'aggrave les inégalités c'est à dire ne fasse empirer la situation des plus défavorisés. Ce qui n'est pas aujourd'hui une proposition vide de sens.
Une dernière observation en restant dans le domaine de la nécessité et avant d'entrer  dans celui de la liberté. Croyez vous que c'est la classe politique qui est responsable, parce qu'elle est étrangère à la vie réelle de la grande majorité. Je déteste cette version de la théorie du complot et je ne crois pas à l'unité de la classe politique ,mais j'entends ces mots partout. Qu'il est difficile d'avancer dans la boue en pleine      nuit!

mercredi 10 juillet 2013

Guy Debord révolutionnaire du XIX ème siècle

Je voulais voir l'exposition sur Guy Debord à la Bibliothèque François Mitterrand pour savoir si je devais changer mon opinion sur lui et son mouvement. L'expositon m' déçu; je l'ai trouvée confuse, manquant de sens historique; mais j'en suis sorti enchanté par le livre Quarto de Gallimard qui réunit tous ses écrits- près de 2000 pages- de manière très vivante et intelligente.L'impression que m'a laissée une longue exploration de cette somme est que Debord appartient à la longue tradition de la social- démoicratie européenne, qu'elle soit réformiste ou révolutionnaire. Un texte de Septembre 1969 de l'Internationale Situationniste s'intitule: Le commencement d'une époque, mais j'ai l'impression opposée:, celle d'une lecture du présent à partir d'un passé long, comme si j'entendais Bernstein discuter avec Rosa Luxembourg et surtout avec Lénine, si fortement mis en cause, comme si le mouvement de Mai 68 était le chapitre le plus récemment écrit de l'histoire sans fin  du prolétariat révolutionnaire. Comme l'indique le titre de la quatrième partie de la Société du spectacle: Le prolétariat comme sujet et comme représentation. Comme si le prolétariat avait été l'acteur principal de ce mouvement, alors que j'ai défendu dès 1968 une thèse vraiment opposée, à savoir que le sens principal, historiquement réel, du mouvement a été créée par la jeunesse, surtout étudiante et dont la force et l'originalité étaient d'avoir un contcnu plus culturel que social ou politique, alors que les interprétations idéologiques du mouvement, surtout trotskistes et maoistes, se plaçaient, elles, directement dans  la pensée marxiste-léninisteLa différence entre les textes des groupes poltiques et les sérigraphies indique bien la séparation des deux univers.. Un vin nouveau était servi, mais dans des outres anciennes
Ce que je dis en ce moment semble condamner Debord à être jeté dans "les poubelles de l'histoire" En réalité mon jugement est tout à fait différent. Car si Debord se situe en effet dans le passé plus que dans le présent, il cherche dans ce passé ce qui a en effet la plus grande valeur historique et exemplaire. Il veut faire revivre la grand tradition des Conseil ouvriers, en effet très vivante, puisqu'on l'a vue à l'oeuvre à Budapest en I956 et encore plus à Prague, en 1968, surtout après l'invasion soviétique 
Il reste que ce n'est pas de spectacle qu'il est le plus question dans ces écrits, mais bien de marchandise, dans la tradition marxiste la plus classiqueMais le situationniste, plus présent à Nanterre qu'à la Sorbonne, en partie par l'intermédiaire de Henri Lefebvre, est moins infidèle au mouvement qui naît que les néo-léninistes qui se soucient surtout de sauver des qppareils qui ont pourtant déjà détruit le mouvement ouvrier et qui cherchaient à confisquer la voix des étudiants de Mai 1968..  







L 'esprit républicain


La France s'est très fortement identifiée à l'idéal national et républicain, au point qu'elle a conçu  la démocratie comme la souveraineté populaire plutôt que comme un régime représentatif de la diversité des intérêts et des valeurs. Autant elle a conçu avec force et imagination a dimension universaliste et égalitaire des droits de l'homme, autant elle s'est toujours méfiée de la diversité, de la négociation, des minorités, au point de concevoir parfois la démocratie comme une monarchie républicaine, en particulier pendant la cinquième République.

Or la complexité et la rapidité de changement des sociétés contemporaines les plus avancées les oblige à gérer des relations complexes, des majorités changeantes, des formes d'inégalité comme des stratégies et des alliances entre catégories sociales ou territoriales constamment changeantes.La gouvernance napoléonienne, dans la société cilié comme dans la société militaire ne pourraient pas être utilisables et efficaces dalles les systèmes d'organisation actuels. Avant tout parce que chaque individu et chaque catégorie ont une conscience d'eux-mêmes beaucoup plus complexe et changeant qu'avant. C'est volontairement que j'emploie la notion de complexité si fortement développée par Edgar Morin, par ce qu'il s'agit d'une dimension organisationnelle et non  politique de la vie sociale.

L'empilement des catégories territoriales n'est pas seulement trop couteux;
Il entraîne surtout des contrôles formels qui ne peuvent pas correspondre de manière satisfaisante aux relations des diverses composantes de la vie sociale et en particulier des communications.

L'exemple le plus convainquant de la nécessité d'un changement profond dans les rapports d'autorité et dans les communications est l'enseignement.  Nous n'avons pas encore renoncé à définir l'enseignement comme transmission de et même comme introduction de valeurs universelles dans  l'esprit d'enfants ou de jeunes gens encore plus proches de leurs émotions et de leurs jeux que des principes de la science ou de l'art. L'école française s'est méfiée des relations entre enseignants et enseignés par peur des préférences subjectives des premiers. 

vendredi 5 juillet 2013

Francis Fukuyama et les classes moyennes

Belle idée , globalisante a souhait: Francis Fukuyama voit agir une classe moyenne montante en Egypte et en  Asie et une classe moyenne déclinante en Europe mais c'est partout le même acteur qui remplace les classes ouvrières absentes ou en décomposition. L'idée  est attirante et même en partie convaincante. Pourtant je ne l'accepte pas parce qu'elle confond deux types d'analyse bien différents. Aujourd'hui ce qui est nouveau n'est pas la définition sociale des acteurs mais leur définition  politique. Partout où triomphent depuis un demi siècle ou plus des régimes communistes ou nationalistes  anti-occidentaux se répandent des mouvements démocratiques dirigés contre les anciens révolutionnaires ou libérateurs qui sont devenus des tyrans brutaux et corrompus. Ce sont ces mouvements dont le Printemps arabe a été le plus spectaculaire qui portent l'espoir des démocrates du monde entier qui sont convaincus que l'idée démocratique née en Europe peut et doit s'appliquer partout mais en accord avec l'histoire et la culture de chaque pays, de même que la Grand Bretagne et la France ont eu des mouvements démocratiques différents. Quant a l'Europe la situation est moins claire et surtout plus diverse. Il n'y a pas eu de grand mouvement en France, bien que l'idée des indignés  soit partie de Paris. En Italie le mouvement de Beppe Grillo a eu le même succès dans toutes les classes et toutes les régions mais il a plus combattu les partis que défendu la démocratie et en Espagne où plus de la moitié de jeunes sont au chômage on ne  pas reduire le mouvement des Indignados aux étudiants. C'est plus dans les nouveaux pays en développement  que dans la vieille Europe que la lutte pour la démocratie est l'avenir  des nouvements sociaux.

jeudi 4 juillet 2013

Pourquoi ce silence?

De tous côtés on nous répète depuis  2OO8 et même avant que notre économie va mal, n'est plus compétitive, parfois même que nos salaires et nos charges sociales sont trop hauts; pourtant il n'y a pas si longtemps on nous faisait admirer Ford qui donnait de hauts salaires à ses ouvriers pour qu'ils achètent ses autos et aujourd'hui même nous voyons les frontaliers français chercher de meilleurs salaires en Allemagne, en Belgique ou en Suisse. Pourquoi ne pas changer complètement de point de vue? Pourquoi  ne pas nous demander si ce n'est pas nous, les français, qui allons mal, ou même qui sommes mal traités, qui sommes placés dans des cadres et des catégories qui nous gênent, nous entravent ou même nous empêchent de nous exprimer, de penser notre avenir, de diriger nos propositions et nos plaintes dans la bonne direction. Rassurez vous! Je n'ai aucune intention de tomber dans une psychologie des peuples masochiste et nous accuser d'être les responsables de nos propres malheurs. Je veux dire à peu près le contraire, à savoir que nous sommes gênés par des catégories de pensée et d'action qui ne correspondent plus à nos demandes et à nos possibilités. Pour parler un instant le langage des science sociales je dis que le mal vient de nos représentations plus que de notre situation   et que nous ne pensons et n'agissons pas  avec une force suffisante, comme si nous étions de mauvais boxeurs ou comme si nous parlions la langue de Montaigne aux gens d'aujourd'hui. Prenons le plus simple des exemples:pensons nous assez monde; pensons nous assez réseaux? et j'ose ajouter: parlons nous assez féminin dans cette période de faiblesse du féminisme et de remontée du machisme? Nous pouvons tous ajouter que personne ne dispose d'un langage politique, comme s'il n'existait pas d'espace libre pour l'action politique? Là est la question principale que nous devons nous poser  à nous mêmes: Quel est l'obstacle qui nous empêche le plus fortement d'agir et en premier lieu de parler, car rien n'est possible si nous ne brisons pas notre propre silence.

mardi 2 juillet 2013

on recommence .......

Je commence ce blog, maladroitement peut-être mais avec conviction car je ne travaille pas pour moi seul mais parce que nous tâtonnons tous dans le noir, sans trouver de porte de sortie.

Cherchons la ensemble...



D'accord, nous sommes sortis du monde social, mais dans quel monde sommes nous entrés ? Ce que nous savons c'est qu'il ne se définit ni par un  temps ni par un espace Nous ne sommes pas en Europe au lieu d'être en France et en 2014 au lieu d'être en 2010. Nous sommes dans un monde où on pense et on parle avec des catégories culturelles et non plus des catégories sociales. en somme  nous avons quitté le monde des moyens et sommes entrés dans le monde des fins ; Ça veut dire que nous parlons tout le temps du bien et du mal, du permis et de l'interdit et aussi du connu et de l'inconnu.